NAO 2026
Entre inflation et rentabilité : où est l’équilibre ?
Comme prévu, la deuxième réunion consacrée à l’évolution des salaires a été particulièrement tendue. Sans surprise, elle s’est conclue par des désaccords majeurs, notamment sur le taux d’inflation retenu (0,80 %) et sur la proposition de la direction :
- Enveloppe globale : 1,10 %
- Augmentation générale Exécution/Maîtrise : 0,80 %
- Cadres : talon à définir
- Aucune mesure complémentaire
- Éventuelle évolution de la grille de remboursement des frais d’hôtellerie et de restauration
Ce qui interpelle surtout, c’est la perception de nos dirigeants concernant les rémunérations des salariés. Selon eux, les collaborateurs d’ASF seraient « trop bien rémunérés » par rapport à d’autres entreprises du groupe ou du secteur privé, où le 13ᵉ mois, l’intéressement ou la participation sont moins fréquents. Le fait que certains placent leurs primes dans le PEE est interprété comme un signe que « vous n’avez pas besoin d’argent ». Une vision qui ne reflète en rien la réalité.
La réalité, c’est que le pouvoir d’achat des classes moyennes s’effrite. Quelques chiffres :
- Électricité : +62,8 % entre 2020 et 2024 (74 % des foyers ont réduit leur chauffage en 2024/2025 pour limiter les factures).
- Alimentation : +36 % entre 2020 et 2025,
- 58 % des salariés consacrent plus d’un cinquième de leur budget à l’alimentation (étude Edenred 2025).
Beaucoup de salariés d’ASF appartiennent à cette classe moyenne qui peine à équilibrer son budget. Pendant ce temps, le secteur autoroutier affiche des résultats exceptionnels : hausse du trafic, chiffre d’affaires en progression, rentabilité supérieure à celle de certaines entreprises du luxe.
Nous demandons simplement une évolution salariale en phase avec la réalité :
- Inflation (0,85%)
- Hausse du SMIC (1,18 %)
- Ancienneté (0,38 %)
- Rattrapage de l’année précédente (0,5 %).
Aussi, nous avons proposer à la direction une enveloppe sur les salaires à hauteur de 2 %, plus la compensation des cotisations sociales sur la prime d’éloignement pour ceux qui en étaient exonérés avant la directive de l'URSSAF.
Notre revendication est simple : coller à la réalité économique et sociale. Rien de plus.
Le courrier que nous venons d’adresser à la direction réaffirme nos positions ainsi que notre détermination à préserver le pouvoir d’achat des salariés.
Prochaine et dernière réunion : 21 janvier à 10 h.
Source :
- Article sur la hausse du prix de l'électricité.
- Baromètre FOOD Edenred
- Inflation décembre 2025
- Article sur la revue Alternatives Economiques/numéro de janvier 2026 - la précarité énergétique bat des records.


